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BLOGOSPHÉRIQUES

musique et culture
avec

Lynda Renée
LYNDA RENÉE

Bonjour à vous,

Depuis toujours le monde des arts me passionne. J'ai déjà joué plusieurs instruments, chanté et je joue du djembé. J'ai étudié en psycho-sociologie de la communication et je suis toujours fascinée par la créativité des artistes que Montréal nous donne la chance de découvrir.

Je serai heureuse de vous partager mes impressions des spectacles en tout genres auxquels j'assisterai et espérant que cela vous inspirera et vous stimulera à participer à la fabuleuse vie culturelle de Montréal.

Contact: lynda.renee@videotron.ca

2012-2014 ARCHIVES

La culture, c'est ce qui reste
quand on a tout oublié.

 2016

 

13 DEC. - Revue et corrigée présentée au Rideau Vert jusqu’au 7 janvier

Depuis déjà 12 ans, on a le plaisir d’assister à la revue de l’année. Une bande de comédiens talentueux nous font repasser au travers des moments qui ont marqué l’année et certains qui étaient plutôt grinçants. Les comédiens sont Martin Héroux, François Maranda, Julie Ringuette, France Parent, Amélie Grenier et Marc St-Martin. Les textes sont de Jean-Philippe Durand, Simon Leblond, Nadine Massie et Pascal Roberge. La mise en scène d’Alain Zouvi.

Les comédiens ont donné une excellente performance. Ils changent de costume si rapidement que c’en est éblouissant. Julie Ringuette est excellente dans son imitation de Sophie Grégoire Trudeau qui a chanté une chanson peu après l’élection de son mari ainsi que dans celle de Céline Dion qui revient chez elle faire “le vide” au centre Vidéotron.

Marc St-Martin est extraordinaire tant dans son imitation de Denise Filliatrault au début du spectacle qu’à l’entracte que dans celle de Ron Fournier éploré qui a perdu son PK Subban.

Le numéro où il imite Mike Ward avec toute son arrogance lors d’une soirée bénéfice avec Julie Ringuette en Annie Brocoli est troublant en rappelant qu’après toutes ces audaces il a été tout de même récompensé par l’Olivier de l’Année.

François Maranda en Marina Orsini qui n’en finit plus de rire de façon totalement exagérée est complètement tordant. C’est un des meilleurs numéros de la soirée.

Il fallait bien parler de l’émission Les Échangistes et l’imitation de France Parent en Pénélope McQuade qui est tellement au-devant de ses invités qu’elle en tombe de sa chaise est tout aussi savoureuse.

Martin Héroux imite aussi Fred Pellerin en arrivant sur la scène avec une valise qui s’ouvre sur une scène de nature et nous rappelle que la peur du burkini est une façon de mettre le voile sur d’autres enjeux plus importants.

Vous passerez une merveilleuse soirée tant en compagnie des artistes eux-mêmes que de tous ceux qu’ils personnifient.

 

21 NOV. - Peter MacLeod -- Un homme libre, jusqu’à quel point?

Avec une mise en scène épurée, Peter MacLeod nous a offert son 5e spectacle intitulé "Libre" – Il aborde le sexe, l’argent, et la vérité.

On le connaît irrévérencieux et provocateur, là-dessus il est égal à lui-même et il commence son spectacle en invitant les gens à fermer leur “ost . . . de téléphone cellulaire” et commence en attaquant les communications virtuelles et parle des 'likes' en mentionnant Mère Téresa et Neil Armstrong qui ont réussi de grands exploits sans se préoccuper du nombre d’abonnés qu’ils avaient sur leur compte Facebook. Il pose la question à savoir si les gens scotchés sur leur téléphone ou tablette ou autre sont vraiment heureux. Est-ce que ça change vraiment 'kekchose'd’avoir 5000 amis? Dis leur que tu vas déménager, tu vas voir qui sont de vrais amis.

Il parle des pays pauvres ou les gens doivent marcher des kilomètres pour trouver une eau boueuse et ici on capote sur l’eau qui est filrée . . . mais jamais assez propre qui fait qu’on a besoin d’un autre filtre à la maison Il parle du fait qu’on s’offense facilement et du filtre qu’on met sur tout ce qu’on dit – S’il fallait qu’on dise toujours la vérité, ça irait vraiment mal sur terre. On ne veut pas la savoir la vérité. Et rappelez-vous en messieurs?

Il parle de son célibat, du fait qu’il n’est pas un gars facile, plutôt vieux garçon de 47 ans. Il affirme être spirituel plutôt que religieux et pose les éternelles questions quant aux accommodements raisonnables. Il parle de la surconsommation et de revenir sur les plaisirs simples de la vie pour éviter de devenir blasé et toujours insatisfait. Etrangement, celui qui s’était porté à la défense de Jérémy Gabriel parle de sa musique comme ne valant pas la dépense!

Il parle des activités de couples qui ne l’intéressent pas vraiment; pourquoi se promener en canot si c’est pas pour pêcher du poisson? Pourquoi aller dans un jardin ? Oui, je veux bien à condition que tu me fasses une pipe dans le bosquet.

Il conclut en parlant de son accident d’avion qui a failli lui coûter la vie et dit que c’est dans ces moments-là qu’on réalise qu’on devrait en profiter car on ne peut savoir quand ça va nous arriver.

En fait, il nous fait rêver pendant un bon 90 minutes à parler d’une liberté qu’on trouverait bien agréable. Donc, en profiter tant qu’on le peut, croquer à belles dents dans la vie et on aimerait bien que ce soit aussi simple, hélas . . .

Pour les prochaines dates, vous pouvez consulter son site www.petermacleod.com

 

15 NOV. - JULIEN TREMBLAY: PREMIER ONE MAN SHOW

On l’attendait avec impatience, Julien Tremblay a enfin présenté son premier spectacle solo, "Humble et magnifique," mardi soir, au Théâtre St-Denis de Montréal.

Il se présente avec assurance – Je m’appelle Julien Tremblay; je suis humoriste et aussi musicien dans l’âme. Il gesticule autour d’un micro sur pied et se contorsionne en grattant sa guitare sans vraiment jouer une toune. Les 6 guitares qu’on voit derrière lui auront leur rôle à jouer plus tard dans la soirée.

A 40 ans, il est déjà récipiendaire de plusieurs prix et on se rappelle de lui car il a livré des performances inoubliables durant les galas Juste pour rire. Cependant ceux qui l’avaient déjà entendu reconnaîtront les blagues qu’il présente à nouveau, six mois plus tard.

Les anecdotes autour de sa vie amoureuse laissent un peu à désirer . . . Si celle-ci revient avec de petits cornichons, il la relance en parlant des tomates cerises. Il parle de son intimité et aussi des relations hommes-femmes, de son village natal dont la population ne varie pas car les gars qui mettent les filles enceintes sacrent leur camp. Il fait des allusions à l’émission de Jean Airoldi et aussi à ses grands-parents.

Il parle beaucoup de sa blonde, notamment de son désir de faire un safari au Congo et lui suggère de rêver assise sur le bol en lisant le National Geographic. Ses blagues sont bonnes et il joue de sa voix comme si c’était un instrument – En parlant de personnages qui l’inspirent il parle de ces derniers en disant d’une voix grave et rauque – That’s what I do.

Il parle de son grand-père qui ne peut pas être homophobe n’ayant aucune idée de comment se passe les relations homosexuelles. Bien qu’il conserve toujours sa guitare autour du cou, il ne chante aucune chanson de la soirée.

Il joue les mêmes accords assez simples en fait en racontant ses blagues. Durant la première partie, il raconte son texte et c’est plutôt une narration qui devient redondante et il rit de lui-même.

Après l’entracte, alors qu’il interagit finalement avec le public, on le découvre davantage en tant qu’humoriste et il en profite pour remercier les mères qui ont sacrifié leur vie pour leurs enfants – Il dit qu’on devrait leur remettre 100$ à chaque fois qu’elles sont sur le bord de craquer – Bon, j’va en tuer un. 100$ . . . .vous méritez ça. Il égratigne au passage Caroline Néron et ses bijoux, les végétariens bien sûr et son livreur de pizza, le plus rapide au monde.

Il parle de sa fille qui joue davantage à des jeux vidéos avec des chats virtuels qu’elle s’occupe de ramasser la litière de son chat réel qui s’est perdu dans le bois et qu’on a remplacé juste avant son retour. Son style est unique et original et il s’est déjà taillé une place enviable dans le monde de l’humour.

Pour ses prochaines prestations, vous pouvez voir les dates sur son site www.julientremblay.net Il sera en supplémentaire au Théâtre St-Denis du 28 au 30 décembre 2016.

 

11 NOV. - FEMME TA GUEULE

Ce soir nous avons rencontré une femme qui a décidé de l’ouvrir sa 'gueule,', qui célèbre sa féminité et nous invite à faire de même.  Ce show s’adresse avec bonheur autant aux hommes qu’aux femmes et j’admets qu’il pourrait aider celles d’entre nous qui ne sont pas encore tout à fait fières de leur sexe, autant en tant qu’organe corporel que statut.  Le programme que l’on reçoit en arrivant représente une vulve et donne le ton de la soirée. 

Mariana est une bombe d’énergie, arrive vêtue d’une magnifique tunique de boxeur avant d’envoyer ses meilleurs coups.  Et avec le taux de testostérone qu’elle dit posséder, rien de plus facile.  Elle s’exprime sans tabous, sans gêne et parle de la masturbation comme étant un plaisir que toute femme devrait s’offrir sans réserve.  Elle dit être célibataire, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une vie sexuelle débridée et on comprend qu’elle peut en intimider plus d’un, celle à qui on dit...Ouais, toi tu as des couilles.  Ben, voyons donc . . . dites-moi n’importe quoi mais pas ça . . .

Elle nous fait le récit courriels assez excentriques reçus sur Facebook auxquels elle répond sur le même ton.  Elle fait aussi un tour de la salle en demandant l’âge des spectateurs jusqu’à la plus jeune spectatrice qui a 11 ans.  Nadine -- qu’est-ce que tu fous ici?.Cadeau de Noël . . .wow . . . et ne t’attends pas à voir arriver Marie-Mai.  S’en suit un dialogue tout à fait hilarant entre la petite fille, sa mère et Mariana. 

Elle raconte plusieurs anecdotes entourant sa mère qui a amené ses enfants lorsqu’ils étaient âgés de cinq et huit ans pour un rendez-vous galant dans un parc.  Sa relation avec sa mère et les conseils de celle-ci concernant le cycle menstruel et le danger de perdre sa virginité sont l’occasion de blagues savoureuses.  Elle parle de la peur de vieillir . . . et dit . . . ah! moi, j’ai hâte de vieillir et d’arriver à deux filles le Matin à 75 ans.  Rendu là, tu peux dire tout ce que tu penses sans peur du jugement parce que tu ne cherches surtout plus à plaire. 

Oui, Mariana a décidé de faire entendre sa voix et donne à de nombreuses femmes de tous âges le goût de faire de même.  Le spectacle d’une durée de 90 minutes sans pause est la preuve que la jeune femme de 26 ans a acquis une solidité et un charisme qui fait plaisir à voir et pourrait en inspirer d’autres.

Pour les dates de ses prochains spectacles,  http://marianamazza.com/spectacles/

 

06 OCT. - ALEXANDRE BARRETTE: IMPARFAIT

En intro de spectacle et pour casser la glace, Alexandre Barrette nous partage à quel point il passe souvent inaperçu. Certains le regardent longuement...comme si on se demande s’il est bien le vrai Alexandre Barrette . . . et il s’y est habitué. C’est sans doute pour ça que j’ai écopé du rôle du chauffeur dans l’émission Taxi Payant. Il crée assez rapidement une complicité en dialoguant avec quelques spectateurs, si ouvert et décontracté qu’un certain Maurice assis au balcon s’est un peu trop immiscé par ses commentaires . . . Coudons . . . Maurice..va-tu falloir que j’envoie la sécurité pour pouvoir faire mon show?

Il se dévoile dans toute sa vulnérabilité. Ma dernière blonde m’a laissé quand je lui ai dit que je trouvais qu’elle était la plus belle femme du monde après ma mère et Anna Kournikova. Le spectacle ressemble davantage à une intrusion dans sa vie privée de célibataire sans enfants âgé de 35 ans. Après sa rupture, il s’est retrouvé chez son bon ami Jérémy Demay qui lui soufflait à l’oreille le mot Gratitude et lui a offert une visite chez sa psychologue. Cette dernière lui a fait une séance d’hypnose assez hors du commun où il devait revêtir une combinaison de lumière symbolique. Bon, une fois ça va mais il n’est jamais retourné. Il a toutefois conservé le petit exercice qu’elle lui a suggérée -- pour être heureux, on doit d’abord s’aimer soi-même et il parle de ses tac-tics d’auto-séduction au sortir de la douche . . . humm . . . vraiment?

Après un party chez des amis où il y avait des brownies au pot, il a un peu abusé et a fait un tel dérapage que ça l’a guéri pour de bon de toute envie de drogue. Parmi ses difficultés ou faiblesses, il a un mal fou à prendre des décisions et quel bonheur quand on peut les prendre à sa place comme le 'rôtisseur' qui décide quelle partie du poulet on va lui offrir. Wow,...ça c’est un homme qui prend des décisions à la journée longue. Et il voue un tel culte à Eddy Murphy qu’il est prêt à payer une fortune à son ami du même nom qui vient d’avoir un fils pour qu’il l’appelle Eddy . . . Ouais,,,je vais être le parrain de Eddy Murphy!

Le spectacle ressemble davantage à une suite d’anecdotes et s’adresse à un jeune public d’environ 25-35 ans qui riait à gorge déployée et lui ont fait une ovation debout.

Sa finale est touchante car il laisse un message à chacun de ses proches comme si c’était le dernier jour de sa vie et il imagine sans censure toutes les “folies” qu’il se permettrait car . . . Je meurs demain.

On peut ressentir qu’il met de l’humour dans cette période de transition , trentaine oblige.

Alexandre Barrette sera en tournée jusqu’en mars 2017. Pour toutes les dates, visitez www.alexandrebarrette.com

 

25 JUIN - QUAND MAGIE ET COMEDIE SONT REUNIES

J’ai passé une super soirée dans le bar du Vieux-Montréal le Fripon où j’ai assisté au spectacle de Patrik Kuffs qu’on pourrait qualifier de magicien méconnu qui en a parrainé plusieurs autres dont le très populaire Vincent C. Il faut faire preuve d’un peu de patience et d’ouverture car au départ...il m’a fallu quelques minutes pour réaliser la complexité des tours.

Souvent imité mais jamais égalé, Patrik Kuffs fête en 2016 ses 25 ans de carrière artistique. Et pour ce faire, il choisit de se produire les 25 du mois entre autres. Pour l’occasion, il retourne sur scène dans une version spéciale de son spectacle nouveau genre qui réunit humour, prestidigitation et humour. On a vu dans ce spectacle ses plus grands classiques, ainsi que plusieurs nouveaux numéros à la fois drôles et intriguants comme le requiert la vraie magie. Il a conçu son spectacle pour faire participer au maximum la salle et les gens riaient à gorge déployée durant la plus grande partie de la soirée.

Si vous aimez la magie et l’humour et bouger sans gêne, vous allez adorer votre soirée.

Il sera de retour à l’automne pour sa nouvelle saison et vous pourrez consulter les dates sur le site du bar Le Fripon au 436 Pl. Jacques Cartier dans le Vieux-Montréal et si vous voulez en apprendre davantage sur Patrik Kuffs – voici le lien – www.magiecomik.tv

 

20 MAI - JE PREFERE QU'ON RESTE AMIS: HMMM . . . JE TE CROIS PAS

Ecrite par Laurent Ruquier, qui est bien connu du public français comme animateur de l’émission On n’est pas couché sur la chaîne France 2, il est aussi l’auteur de plusieurs pièces de théâtre dont La Presse est unanime et Si c’était à refaire. Je préfère qu’on reste amis est sa sixième et a connu un immense succès en France.

Avec une mise en scène de Denise Filliatrault, elle l’a adapté à l’auditoire québécois en y ajoutant des pièces musicales donnant de la consistance au jeu des acteurs. Les rires nous accompagnent tout au long de cette comédie romantique qui nous offre des surprises tant au niveau de la relation quelque peu nébuleuse que du dénouement. Elle se déguste comme un sorbet alors que la chaleur nous arrive enfin.

Les deux comédiens principaux sont Geneviève Schmidt et Patrick Hivon. Nous découvrons Claudine et Jean-Dimitri qui sont les meilleurs amis du monde. Ils se connaissent depuis cinq ans et il ne se passe pas une journée sans qu’ils ne prennent des nouvelles l’un de l’autre ou même une semaine sans qu’ils ne se voient. Ils se racontent tout . . . ou presque. Mais leur amitié va être mise à l’épreuve lorsque Claudine va livrer un secret qu’elle gardait depuis pratiquement le début de leur relation. Et cet aveu en entraînera bien d’autres auxquels elle était loin de s’attendre.

Quand l’amour et l’amitié se mélangent, tout se complique et on se fait des ultimatums où les compromis deviennent de moins en moins négociables. Les jeux de mots, et calembours sont d’autant plus charmants qu’ils sont cousus à notre culture et que les airs de musique nous rappellent à tous des moments où l’amour fut le grand vainqueur.

Si vous avez le goût d’une soirée pour vous mettre dans le mood de l’été et des audaces associées aux relations hommes-femmes, vous ne serez pas déçus!

Elle se déroule au Rideau Vert jusqu’au 11 juin 2016. www.rideauvert.qc.ca

 

17 MAR. - MICHEL BARRETTE -- ET SA DROLE DE VIE

Dans la salle Hector-Charland située à l’Assomption, le spectacle intitulé "Drôle de vie," on retrouve Michel Barrette toujours plus mordant dans le récit de son histoire.

Il nous fait une intro en parlant de Donald Trump avec ses projets de murs et des jeunes américains auxquels on suggère de posséder une arme au cas où un tireur fou entre.

Mais on va tirer où si ça arrive? Tout partout!

Afin de simplifier ce qui représente une étape charnière, il ajoute quelques années à son âge réel pour s’exclamer à de nombreuses reprises, “J’ai 60 ans.” Il fait le tour de la salle et demande qui a moins de 20 ans, 30 etc. jusqu’à parler de Jeannette qui aura bientôt 91 ans.

Lors de son dernier spectacle où il avait mentionné que sa bouche édentée avait participé à la création du personnage “Hi-Ha” qui a lancé sa carrière, cette fois-ci, il nous partage des moments grinçants de son enfance. Il nous fait la démonstration comme il est salvateur de raconter sous un regard humoristique des moments qui en étaient loin Il raconte sa visite chez . . . "arracheur de dents” que redoutaient tous les enfants souffrant de caries. Ce dernier réglait d’une façon on ne peut plus radicale les douleurs des enfants.

Il parle de ses vacances avec la famille à Old Orchard. Vous vous rappelez de la “surprise” en sautant à l’eau lorsqu’on figait dans l’eau glacée? Et le camping , quels sont ceux qui en font encore? Pas vrai. Lorsqu’il raconte la simplicité de la réponse de son père aux agents douaniers, on en a des regrets dans l’ère où tous sont vus comme des dangers potentiels. Il nous présente sa mère dont la coiffure figée dans le “spray net” et son père gros fumeur ne toléraient pas qu’on ouvre une vitre.

Ne restait aux enfants dont les yeux piquaient à cause de la fumée que peu de solutions sauf de porter leurs lunettes pour aller sous l’eau -- la sensibilisation, la moral, le social etc.

En bref, il nous plonge dans sa jeunesse où plusieurs se retrouveront avec les bons et moins bons côtés d’une époque révolue. Il est en tournée jusqu’en novembre 2016 et vous pourrez trouver les dates et lieux de spectacle en consultant son site web www.michelbarrette.ca

photo © Vanessa Leclair

 

 

17 FEB. - SUSIE ARIOLI NOUS Y TRANSPORTE

C’est par une soirée glaciale que nous avons assisté au spectacle que nous offre Susie Arioli en débutant sa tournée au Théâtre Outremont. On se retrouve assurément dans la saison portant le titre de l’album, Spring, son huitième composé de quelques grands classiques du jazz, de ses propres compositions dont "Lover Boy" et de quelques chansons en français.

Elle se fait accompagner de huit musiciens, cuivre, piano et guitare. Elle transmet une énergie sensuelle, vibrante qu’on ressent dans ses compositions et celles-ci s’écoutent comme si elles étaient déjà des standards du jazz.

D’ailleurs la chanson titre “Spring," sa propre création est efficace et se démarque.

Sa voix unique et sa façon de bouger avec une telle aisance retiennent l’attention et nous transporte dans une dimension originale et énergique. Cet album porte davantage que par le passésa marque et on sent qu’elle s’affirme en tant que auteur-compositeur et interprète.

Elle ajoute une touche d’humour à son spectacle en faisant allusion aux relations amoureuses par ses compositions "Those Lonely," "Evenin." On écoutera cet album avec plaisir on peut la suivre en tournée au Québec: susiearioli.com/fr/spectacles/

 

30 JAN. - APPRENDRE A S'AIMER, ET COMMENT DONC

Samedi 30 janvier à la Maison des Arts de Laval, j’ai assisté au troisième "One Man Show" de de Jean-Thomas Jobin. Fidèle à lui-même, il nous a amené dans son espace totalement disjoncté, et le décor est tout aussi absurde que le ton du Spectacle.

On y voit des moutons en plastique, et il trouve à ranger une partie de ses notes ainsi que maints accessoires dans des pochettes que portent les moutons.

Sur des affiches se trouvent des taches de Rorschach qu’il s’amuse à associer à Einstein dans sa théorie de la relativité. Vous le voyez, n’est-ce-pas, avec des gaz tout en bas.

Le texte est si éclaté qu’il pourrait improviser qu’on ne le saurait même pas. Mais son délire est si maîtrisé que l’on ressent le travail et qu’on met volontiers de côté notre raison pour le suivre dans ses sentiers inimaginables mais combien farfelus.

Comme le thème du spectacle est d’apprendre à s’aimer, il parle de son célibat qu’il vit depuis plus d’un an. Il confie que sa mère fait une obsession de l’importance de ne pas perdre la nourriture qu’elle lui offre, de son père dont le langage un peu trop recherché fait tordre de rire ses copains.

La tirade du père qui lui dit l’aimer est une prouesse qui peut valoir de revoir le spectacle tellement elle est réussie. Un autre numéro tout aussi joyeux est celui qui concerne le rap au thon où il s’accompagne d’un accessoire qui crie Raw . . . tout au long de l’exposé et il nous partage avoir eu besoin de l’aide d’un pro du cirque du Soleil pour obtenir le cri de la poule prisonnière tel qu’il le voulait.

Un numéro plutôt sympathique est celui où il invite une femme sur la scène et prétend être une diseuse de bonne aventure. Elle lui pose des questions préparées d’avance et sa façon adroite de répondre tout en ne disant rien de précis est désopilante.

Il a eu quelques trous de mémoire et a bafouillé à quelques reprises mais son personnage absurde a bien droit à quelques égarements que nos rires accompagnent du début à la fin.

Assurément, il s’est raffiné en offrant ce troisième “One Man Show” et il pourra rejoindre un public plus large avec un style où l’émotion dépouillée de toutes gênes ne peut que nous donner le droit de s’aimer dans tous nos travers et obsessions les plus insensés.

A la fin, il nous 'oblige' à un rappel fort apprécié où il teste quelques tentatives de blagues (ce sont ses mots) et il nous offre de faire des selfies avec lui après le show.

Son prochain show aura lieu à L’Assomption le 3 mars et on peut voir quelques capsules ainsi que les dates de sa tournée sur son site http://www.jeanthomasjobin.com/

 

 2015

MUSITECHNIC et l’AUDIO : TOUT LE MONDE EN PARLE

Montréal, ville phare de la culture contemporaine, est reconnue internationalement pour la qualité de ses festivals et pour la présence des compagnies majeures du jeux vidéo (Ubisoft, Eidos, Warner Brothers Video Games...). Au cœur de cette industrie culturelle, MUSITECHNIC est le leader incontesté dans le domaine de la formation des techniques du son.

Depuis 1987, cette école privée a formé près de 5000 techniciens du son aux divers domaines de l’audio, tels que l’enregistrement, le mixage, le mastering, la sonorisation, le bruitage, la post production, et l’intégration de sons dans le jeu vidéo.

Leur formation diplômante « techniques de production audio » dispensée par des professionnels du domaine, façonne la nouvelle génération de spécialistes audio et créateurs musicaux. Les techniques modernes de production et réalisation audio et musicale sont enseignées pendant un cursus de 12 mois qui est sanctionné par un AEC (attestation d’Etude Collégiale) du Ministère de l’Education. Grâce à son statut d’OBNL (organisme à But Non Lucratif) reconnu par le Ministère de la Culture et de l’Education, Musitechnic permet aux étudiants de bénéficier de l’aide financières aux études (prêts et bourses). Fort de sa notoriété débordant les frontières du Canada, Musitechnic attire aussi de plus en plus d’étudiants étrangers (européens, africains, caribéens, sud américains) et met à leur disposition un avocat spécialisé en immigration afin de faciliter leurs démarches administratives.

Des installations à la fine pointe de la technologie équipent leurs locaux, ce ne sont pas moins de 9 studios (2 analogiques, 7 numériques) et 60 postes de travail tous équipés de Cubase et WaveLab, qui permet de former plus de 160 étudiants annuellement. A ce titre, Musitechnic est le seul centre de formation certifié par Steinberg au Canada.

Soucieux de la qualité de son enseignement, Musitechnic soutient ses étudiants tout au long de leur formation avec un campus en ligne, un kit de logiciels pour l’étude à domicile, du tutorat personnalisé, des possibilités de stages, et même un fonds Musitechnic d’aide aux projets de carrière.

Pionniers dans leur domaine, Musitechnic vient de mettre sur le marché la formation « e-learning », une simple connexion internet permettant à ceux qui ne peuvent suivre les cours à l’école d’apprendre à distance. La plate forme Musitechnic Academy est accessible de chez soi, à toute heure, partout dans le monde! Du contenu captivant (textes, vidéos, extraits sonores, quiz) dans un environnement interactif (échanges de fichiers multimédias, forums en direct avec les formateurs et autres étudiants) est un plus indéniable dans la façon d’apprendre et de se perfectionner.

Musitechnic est le fier partenaire de nombreux festivals et évènements (Igoofest, Piknic Electronik, Festival du Jazz,….) où des places limitées sont réservées aux étudiants afin d’acquérir une expérience professionnelle et de mieux appréhender le marché du travail (création musicale, télé, radio, cinéma, jeux vidéo, sonorisation de spectacle).

D’ores et déjà, Musitechnic vous invite à venir nombreux à sa journée Porte Ouverte qui aura lieu les 3 et 4 décembre prochain au 888 Maisonneuve Est H2L 4S8, Montréal.

Liens utiles : www.musitechnic.com
www.musitechnic.academy
www.facebook.com/musitechnic/

 

06 NOV. - NAPOLEON VOYAGE ET NOUS AMENE AVEC LUI

Et pourtant il ne s’agit nullement de Napoléon Bonaparte mais sans doute en référence à une citation remarquable de ce dernier qui disait "Celui qui sait où il va ne va jamais bien loin" le comédien et conteur Philippe Leroux accompagné du guitariste Bertrand Lemoyne donne une prestation remarquable du récit de plusieurs voyages effectués sans interruption . Il nous relate ses péripéties de découvertes parfois amères dans des coins reculés de la planète que l’on aurait sans doute pas choisi tant pour des raisons de confort que de sécurité. Il va au-delà des exigences propres à tester la solidité des voyageurs les plus aguerris. Alors que son périple débute en Bosnie il demande tout en répondant à la question si chaque pays aura besoin de son Hiroshima pour déposer les armes.

Il nous amène ensuite dans des régions peu séduisantes au départ et ses récits n’en ont que plus d’intérêt car c’est tout sauf un club Med ou un forfait tout compris. Il nous fait voir la Bosnie le lendemain du bombardement historique, la Syrie, La Havane et ses prostituées aussi nombreuses que le sont les touristes dans la haute saison.

La tourista sous toutes ses appellations y est passé et il nous fait la démonstration très nette qu’il y a entre un touriste et un voyageur, tout en gardant une humilité riant de lui, de sa maigreur, et de ses tenues lui faisant peu honneur. Bien malgré lui, il a été cuisinier dans un hôtel pendant un temps record car il n’avait rien des talents requis pour le prestige de l’endroit, s’est retrouvé avec les nobles de la Norvège et s’est senti plus que jamais à la même hauteur -- à savoir la hauteur de la cuvette.

Il a un sens du punch, et fait mouche en sachant rendre drôle ce qui autrement nous ferait pleurer. Sa vision du monde en est bouleversée et chaque personne ayant fait des voyages hors des sentiers battus reconnaîtra la générosité des gens simples, le cœur sur la main. Il fait ressortir l’essentiel, sait choisir les détails qui donnent une saveur unique au récit.

Un moment joyeux est lorsqu’on chante avec lui Country Road, Take Me Home, souvenir de son passage au Japon, chanson pour le moins étonnante pour l’endroit. Les rires fusent à un rythme tel qu’il doit s’interrompre parfois pour laisser la place à ce plaisir des spectateurs séduits. Il nous transporte sur tous les continents et on s’éclate malgré les passages aigre-doux d’un voyageur sans assurance qui n’a rien à vendre

Il se produira vendredi le 4 décembre à la Salle Antony-Lessard de St-Jérôme et vendredi le 11 décembre à la Maison de la Culture Maisonneuve.

 

17 SEPT. - MONSIEUR CHASSE - OU LA VERITE SE CACHE

Ecrite en 1892 par Feydeau une pièce où l’auteur avouait ses fantasmes, Monsieur Chasse nous permet de renouer avec le vaudeville et est dédiée à des artistes qui ont su jouer ce type de comédie avec toute la verve et intensité requise dont Manda Parent, Rose Ouellette, Olivier Guimond et Gilles Latullipe.

Mon coup de cœur va à Diane Lavallée dans Léontine, brillante du début à la fin dont l’agilité et maîtrise nous tiennent en haleine. Elle est tordante et subtile dans son désir de se venger et elle frôle la rapidité des magiciens tellement elle plonge à la fois dans les costumes et les états d’âme, tantôt scandalisée par les déclarations de Moricet qui la courtise depuis toujours et la crainte d’être découverte et déchue si son mari n’était pas coupable d’adultère.

Comme l’époque le permet, des agents enquêtent sur l’affaire et tous se retrouvent éventuellement dans le même espace, couples légitimes, amants, tenancière de bordel jouée par France Castel à la voix et au panache toujours aussi éblouissants.

Les costumes déclenchent rires et sourires tout au long de la pièce. Dès le lever du rideau, on assiste à une scène nous plongeant dans une autre époque où Léontine clame à Moricet – "Bourrez, bourrez" ces derniers s’occupant à remplir de poudre les balles qu’elle offrira à son mari chasseur. Aussitôt terminé, elle reprend sa broderie et Moricet réussira rapidement à la convaincre que son mari en fait ne va jamais à la chasse mais se sert du subterfuge pour la tromper.

Comme tout le monde ment, la situation ne tarde pas à se compliquer pour tous ces gens et Duchotel, joué par René Gagnon, déclenche l’hilarité générale à la fin lorsqu’il avoue défait qu’il ne "sait pas mentir."

Finalement ce qui compte au-delà de tout est de sauver les apparences et ceci fait, la vie reprend son cours et tous semblent satisfaits pour ne pas dire soulagés.

La pièce est au Rideau Vert jusqu'au http://www.rideauvert.qc.ca/programmation/pieces/monsieur-chasse du 15 septembre au 10 octobre.

 

22 JUIN - GREASE - Toujours aussi bon

Avec plus d’une trentaine d’artistes sur scène, c’était la première médiatique de la très populaire comédie musicale Grease ce lundi 22 juin au Théâtre St-Denis. Avec une mise en scène de Andrew Shaver et le talent des 30 artistes danseurs, chanteurs et acrobates, on embarque joyeusement comme dans une Dodge 59 et les chansons sont si entraînantes qu’à plusieurs moments, on chante avec les artistes ces classiques de l’époque ce qui augmente l’électricité déjà présente dans la salle.

Les personnages ont beau être vieux, cette histoire fait vibrer le monde entier depuis 44 ans et les thèmes de la jeunesse et du grand amour se dépoussièrent rapidement avec les prestations magnificement livrées par entre autres Annie Villeneuve et Jason Roy Léveillée. La danse et le jeu de pied de Jason est tout simplement craquant et Annie est éblouissante dans deux solos ("Hopelessly Devoted To You" et "Look at Me, I’m Sandra Dee").

Cette production de Grease est un bon divertissement livré par des interprètes de talent, à l'aise autant dans le jeu que dans le chant et la danse. Avec tout ce qu’ils doivent déployer comme énergie, la chanson "You Better Shape Up" constitue un aide-mémoire qu’ils devront vivre à chaque soir et même les soirées qui précèdent. Il y avait plusieurs numéros d’acrobatie et un excellent numéro de guitare et harmonica avec Jean-Marc Couture et Normand Brathwaite qui incarne Vince Fontaine.

Le numéro coup de cœur de la soirée était l’arrivée de l’ange glamour campé par Gardy Fury dans un numéro tout à fait magique de l’interprétation "Beauty School Dropout" en français. D’ailleurs, les chansons interprétées pour la plupart en anglais se fondent très bien avec les conversations françaises.

Yves Morin a fait la traduction québécoise et certaines expressions combinées du français et québécois grincent parfois. Tout le travail de conception est réglé au quart de tour : les chorégraphies d'Annie St-Pierre, le décor et les costumes de James Lavoie, la direction musicale de Guillaume St-Laurent.

Si vous avez le goût d’une soirée agréable, et la nostalgie des années soixante, cette comédie musicale vous ravira.

Grease
Mise en scène par Andrew Shave
Avec Annie Villeneuve, Jason Roy Léveillée, Normand Brathwaite

Au Théâtre St-Denis 1 jusqu'au 1er août.

 

09 MAI - KORINE COTE

Korine Côté est en train de se tailler une place d’honneur dans le monde de l’humour. Son parcours est impressionnant. Après sa promotion de L’Ecole nationale de l’Humour en 2006, on la retrouve aux soirées d’humour, les Mercredis Juste pour rire, Montréal en Lumière et Juste pour rire où on la découvre dans le Show Raisonnable, animé par Rachid Badouri et on lui décerne le coup de coeur du public et de la critique 2007. En 2014, elle obtient une seconde nomination comme "Découverte de l’année" (Olivier) et elle se lance dans l’écriture et le rodage de son premier one-woman show.

Elle se produisait samedi soir au Théâtre Corona et sa performance a été tout à fait éblouissante. Avec une mise en scène d’Alexandre Barrette, Korine nous a offert une soirée désopilante; son humour débridé et sa joie de vivre contagieuse ainsi que la façon ultra-sympathique et originale qu’elle a de rire des petits et gros irritants que rencontre tout homme et femme moderne aux prises avec le rythme et les contraintes que notre appétit de vivre impliquent l’ont inspiré d’anecdotes les plus truculentes et originales. Elle en profite pour faire un sondage auprès du public et prend comme tête de Turc Christian Bégin, l’épicurien par excellente, et nous demande . . . qui n’est pas épicurien, par applaudissement? Ceux qui aiment boire un verre d’eau tiède sous la pluie battante en mangeant des clous de girofle, levez-vous!!. Les émissions de cuisine pullulent tellement – on est à la veille d’entendre à la fin du bulletin de nouvelles – Bon, c’est le temps d’aller arroser le jambon.

Quand elle parle des beds and breakfast, c’est à croire qu’on est allés aux mêmes, tout craque dans ces places-là et ce sont pas des endroits pour s’éclater au lit . . . vous allez les revoir au déjeuner ces gens-là et quand vous rentrez à 8h30, les lumières sont éteintes et on se sent comme lorsqu’on était ados et qu’on osait prendre un verre d’alcool. Le numéro sur la Coors Light est unique, on devine que ce n’est pas sa préférée et c’est un coup de coeur en soi. Elle compare ses seins à des techniciens de shows et les petits sont heureux d’avoir au moins une job. Sur le thème du bonheur elle déplore que le potentiel de bonheur des filles soit d’approximativement 10 secondes -- aussitôt qu’elles ont eu un plaisir, elles trouvent à se critiquer une partie du corps . . . Elle n’aime pas magasiner et s’achète la même paire de jeans 16 fois et tiens c’est réglé. D’ailleurs le jean moderne n’est pas compatible avec du sexe spontané....si on considère le temps qu’il faut pour les enlever et elle avoue ne pas être une fille de matin. Moi, je crois que c’est une fille de matin, de soir et de nuit car son énergie intarissable ne fait défaut à aucun moment. Korine est une fille qui s’assume, féminité n’oblige pas vernis à ongles, ni vêtements particuliers, la coquetterie c’est pas son fort.

Allez la voir, vous en ressortirez emballés et il se peut que vous ayez mal aux mâchoires et que ses blagues vous suivent pendant des jours. Pour les dates de sa tournée au Québec, vous pouvez aller consulter son site http://korinecote.com/

 

18 MAR. - DANIEL LEMIRE -- DU GRAND LEMIRE

Pour son 10e one man show, Daniel Lemire nous a donné de retrouver ses savoureux personnages et n'a rien perdu de sa virtuosité. Car sans avoir à sacrer ni à frapper trop bas, ses allusions caustiques à l'actualité nous permettent d'évacuer le trop-plein de frustration face à l'austérité incontournable dans tous les secteurs.

Il se glisse adroitement au travers des multiples rôles de confection créés au fil de plus de 30 ans de carrière. La soirée débute avec une version rocambolesque de la découverte de l'Amérique par Bartolomé Colomb et bien sûr quelques blagues ayant rapport à la politique. Comme les jeux de mots sont une de ses forces, il fait allusion à de nombreux événements ainsi qu'aux changements climatiques où les énergies renouvelables pourraient se retrouver à distribuer le courrier.

En entrant, on voit une version du Big Mac à la McBarrette -- aussi colossal que son homonyme. Son numéro où il prépare un 'smoothie' plutôt indigeste aromatisé aux criquets est tordant et il en profite pour dire que désormais à Montréal les appartements où logent déjà une armée de coquerelles offrent aux locataires un forfait logé-nourri.

Un de ses personnages de grand nerveux sur la route est tout aussi réussi lors de sa traversée du pont Champlain congestionné. Ronnie, le drogué sympathique remet une prescription pour une demi-livre de marijuana. Yvon Travaillé a toute une trousse de solutions au chômage actuel et Oncle Georges est devenu un prof de yoga aux jambes un peu raides qui tente de nous initier à un mode de vie zen.

Le spectacle comporte une entracte et les nombreux spectateurs ont ri de si bon coeur qu'on a eu droit à un rappel, chose plutôt rare pour un spectacle d'humour.

Daniel Lemire parcourera le Québec pour présenter son spectacle en tournée et vous pourrez consulter les dates sur son site - www.daniellemire.com

 

18 FEB. - OLIVIER MARTINEAU -- venez oublier tout

Un parapluie géant et un rideau à pois constitue le décor d'une salle comble qui l'attendait avec impatience au Théâtre St-Denis.  Un gag n'attend pas l'autre et il nous diverti pendant une heure trente sur son sujet favori, la stupidité humaine.  Son débit n'a d'égal que la quantité d'histoires tirées de faits divers où c'est permis de rire parce qu'elles finissent pas trop mal comme l'atterrissage du p'tit gars déguisé en Superman.  Et les dessins pour enfants, "come on" faites pas semblant de trouver ça beau et un écureuil, c'est "un rat" habillé chic.  Il n'y a eu aucun temps mort et  il a brillamment performé en déclenchant l'hilarité générale à chaque propos qui s'enchaînent dans la plus grande fluidité.  


Olivier Martineau écrit bien. Il a une façon originale de rendre sympathique son personnage intolérant de tout et de tous.  On le sent très sûr de lui  dans son premier "One man show" et Il excelle aussi dans l'auto-dérision en parlant de sa maigreur "La bactérie mangeuse de chair est morte de faim.”  Et je prends pas de chance, je ne ne sors pas avec un puncho par une journée de grand vent.   Il parle aussi de son célibat et des femmes qui lui réservent toujours la surprise du "chien pour pauvre," un chat faisant partie du "tout inclus" de la femme moderne. 

Son allusion à sa grand-mère de 96 ans est également bien savoureuse.  On a remplacé ses oeufs par des 'kiwis,' des oeufs poilus  et il questionne l'idée de se coiffer d'un chapeau fait d'un sac du Dollorama en nous en faisant la démonstration sur lui-même. Le spectacle se déroule en deux portions de 45 minutes. J'ai rarement entendu un humoriste couvrir autant de sujets sans reprendre son souffle. Il offre des remerciements sincères à tous ceux qui l'ont accompagné dans sa carrière et Olivier Martineau pourrait bien se voir décerner l'Olivier du meilleur spectacle.  Le tout s'est terminé par une ovation debout éclatante et spontanée des spectacteurs comblés.

Olivier Martineau est présentement en tournée et sera en supplémentaires à Québec, à la Salle Albert-Rousseau, les 22 et 27 juin, et à Montréal, au Théâtre St-Denis, les 4 et 5 décembre.

30 JAN. - LA GRANDE SORTIE -- par Mélanie Maynard et Jonathan Racine

La Grande Sortie c'est l'histoire d'une femme de 70 ans joué  dont les jours sont comptés, elle le sait et ses enfants veulent égayer ses derniers jours en lui faisant revivre de bons souvenirs.

Tout en nuances, cette femme a la fragilité de celle n'ayant jamais osé s'affirmer et qui décide de faire le ménage de sa vie devant cette fin si proche.  Ses enfants s'engueulent à qui mieux mieux,  l'une d'elle revient après avoir déserté la famille pendant des années.  On lave notre linge sale en famille chacun cherche à avoir raison de l'autre et les reproches servant à avoir le dernier mot.   Dans cette pièce, on passe par toute la gamme des émotions, du rire aux larmes et on se laisse transporter dans cette vie où tous veulent s'aimer malgré les maladresses occasionnées par leurs propres manques affectifs.   

Comme elle ne sortait presque pas, sa vie tournait autour des émissions de télé  "The Price Is Right," "Les oiseaux se cachent pour mourir."   On se retrouve dans les années 80, alors qu'on n'en était aux débuts de toute forme d'enregistrement.  Dès que l'heure dudit 'programme' sonnait, tous se jetaient sur le sofa, par terre pour n'en rien manquer.   La vie de ses acteurs préférés lui donnait l'impression d'en avoir une.  Elle passe par plusieurs phases où finalement elle se donne le droit à ce qu'elle ressent.  Elle décide de jeter tout ce qu'elle trouve laid et vlan dans la poubelle, "Ça j'en veux pu - c'est "lette" - ça aussi c'est "lette Et sa fille Line. . . Hey. . . wo, là, y'a des pauvres qui en voudraient de ça.  Comme c'est dur de faire les deuils, de refuser, rejeter ce qu'on a fait semblant d'aimer faute de mieux. 

On ressort sa robe de mariée et recrée le scénario de la grande journée, la "plus belle de sa vie" où elle a dit oui à cet homme disparu depuis des années.  On la fait rêver qu'elle est la grande gagnante de "The Price Is Right.  Si au moins ça pouvait être son tour réel ou imaginaire et qu'elle soit heureuse, peut-être finiraient-ils par laisser mourir leurs différends et s'aimer comme ils sont et non à condition.  Cette pièce a quelque chose où tous ceux ayant eu un parent résigné seront profondément touchés par la douleur d'une vie ayant été rêvée plus que vécue. 

Ils seront en tournée à travers le Québec et vous pourrez consulter les dates sur le site http://www.paulemaher.com/la-grande-sortie/

 

 

2014

12 DEC. - SYLVAIN LAROCQUE -- "Dans le blanc des yeux" - Oui, Monsieur

Gagnant de 6 Oliviers dont celui de l'auteur de l'année, d'un prix Gémeaux, Sylvain Larocque nous offre son nouveau spectacle, "Dans le blanc des yeux," et il est particulièrement audacieux. Il se met à nu et raconte les humiliations qu'il a vécues lorsqu'il était à l'école. Celui qu'on avait surnommé 'Crapaud' avait ses amis, Moufette, Robidoux qui lui a fait un sale coup qu'il n'a pas digéré, ses premières amours, les fausses, Julie Jolicoeur qui après un mois de fréquentations, l'attendait avec des copains pour lui maugréer . . . Hey, le crapaud, j'ai jamais voulu être ta blonde. Il raconte celles auxquelles il a participé et ne se dépeint pas en victime.


Il raconte qu'un chien castré peut passer de la drogue aux douanes dans le sac vide qu'il lui reste une fois ses 'couilles' enlevées et qu'étant donné le salut traditionnel que se font les meilleurs amis de l'homme, on ne pourra le soupçonner. "Elles sont où mes couilles, j'en avais tantôt, et pourquoi pas parler des nôtres, de ce territoire et ressources qu'on vend un peu trop facilement aux Américains." Il s'exclame que l'eau qu'il boit vient d'Amos, et que ce produit québécois est maintenant propriété américaine. Nous sommes les plus grands détenteurs d'eau douce sur la planète -- "Qu'est-ce qu'on fait avec Tabern . . . ?" Derrière la dérision, on sent toute sa sincérité,
son désir de nous réveiller, de nous secouer, d'aller au fond des choses.

Les animaux occupent une place d'honneur dans sa vie et son chat qui vient régulièrement s'étendre sur son clavier pour peut-être lui dire qu'il aime ce qu'il écrit. Ses amours passées viennent le hanter, celle qui fut son grand amour le traite finalement comme le dernier venu et ainsi va la vie. Les artistes qui n'ont pas pris ses blagues; quand tu veux de la musique de filles, t'écoute Sylvain Cossette depuis ce temps-là, Sylvain lui parle plus.

De son père il dit que ce dernier viendrait bien le voir en spectacle à condition de préalablement trouver un stationnement. Il cherche encore. Il nous lance une corde à laquelle s'accrocher, la corde de la fierté d'être un peuple fort plein de ressources qui pourrait arrêter de se comporter comme un peuple de conquis. Au lieu d'être ceux auxquels on va lancer une 'peanut' et dont les jurons vont faire rire, on pourrait peut-être se faire un plan où on va arrêter de rire de nous autres et se voir enfin comme un peuple qui se tient debout et réalise qu'il a plein de raisons de se respecter.

Il sera en spectacle au Théâtre St-Denis les 3 et 4 février 2015 et on peut consulter son site web http://www.sylvainlarocque.com/pour sa tournée en région.

 

 09 DEC. - AU RIDEAU VERT POUR RIRE

Si l'année 2014 vous a rendu amer, une visite au Théâtre du Rideau Vert pour assister à la Revue 2014 revue et corrigée pourrait vous aider à faire passer certaines réalités, événements et autres. Les comédiens sont Martin Héroux, Benoît Paquette, France Parent, Marc St-Martin, Suzanne Champagne, Julie Ringuette et la mise en scène de Alain Zouvi.

L'intro est tout à fait réussie avec une danse chantée par les comédiens sur l'air de la pièce de Stromae de de Papaoutai qui devient "Québec ou t'es? T'es où," où on fait une survol de la situation globale du Québec et des decisions dures à avaler du gouvernement actuel. Les comédiens ont une énergie intarrissable et un immense plaisir à se moquer les uns des autres et à livrer un texte réussi, qui a du punch et se permet toutes les audaces. On voit plusieurs sketchs où Martin Héroux personnifie le ministre Couillard et nous invite à chanter avec lui "Vous êtes des beaux ta-ta.”

Tous ont ébloui par leur performance dans les rôles des personnages clés au Québec. Des numéros particulièrement tordants étaient les parodies "Manigance Soleil" où on comprend quel est l'intérêt du ‘boss’ avec une présentation des choix de plats, 3 sortes d'aliments mous. Egalement, les numéros de La Voix avec Martin Héroux en Pierre Lapointe, déguisée comme à son habitude et Marc St-Martin en Eric Lapointe, se prenant au sérieux sont tout à fait surprenants quand ce dernier arrache les morceaux de la chaise pour que l'autre découvre qui est la fameuse voix -- Céline -- qu'il n'arrive pas à nommer après avoir suggéré à peu près toutes les chanteuses du Québec sauf elle.

France Parent nous présente une Soeur Angèle qui a du fun à faire le tour du monde et se rattrappe vite en laissant tomber sa voiture, "J'ai pas mon permis." La sketch de Unité 9 est trop drôle quand arrive à la toute fin une Suzanne Champagne, qui sort du trou et fait dire à Jean Airoldi qu'il fait de la coiffure et non du toilettage.

Benoît Paquette présente un Justin Trudeau qui fume son joint et raconte qu'il est confus de devoir faire plaisir à trop de monde. On devait évidemment permettre à Gaétan Barrette personnifié par Marc St-Martin de s'exprimer et d'expliquer le bien-fondé de ses réformes dans un "beat de rap" qui va le mettre en forme comme on lui a suggéré. Et la revue ne serait pas complète sans la prestation toujours aussi savoureuse de Suzanne Champagne en Pauline Marois où son rire nous la rappelle ainsi que son anglais jamais évident. Le numéro hommage à Gilles Latulippe où Dieu se promenait du paradis à l'enfer et d'où sortaient La Poune, Olivier Guimond et Manda et où ce dernier racontait les devinettes comme lui seul savait le faire ont permis de dire un aurevoir teinté de nostalgie à ce géant de l'humour.

La revue aura lieu en supplémentaire du 20 décembre jusqu'au 4 janvier.

 06 DEC. - QUAND ARTISTES ET HUMANISTES SE RENCONTRENT

Samedi soir le 6 décembre, avait lieu au café du Monument National une soirée spectacle bénéfice pour la députée Sadia Groguhé, actuellement députée de St-Lambert. Elle est candidate fédérale 2015 du NPD pour Longueuil Charles-Lemoyne. Madame Groguhé a une maîtrise en psychologie et a travaillé en France dans le domaine de l’insertion sociale et professionnelle pour les personnes en difficulté, jeunes et adultes. Elle est candidate NPD pour ce parti aux élections fédérales de 2011 dans la circonscription québécoise de Saint-Lambert, elle bat la députée bloquiste sortante Josée Beaudin et devient députée en obtenant 42,65 % des suffrages.

À la suite du décès de Jack Layton, elle donne son appui à Thomas Mulcair lors de la course à la chefferie du parti de 2011-2012. Madame Groguhé fut leader parlementaire adjointe ainsi que porte-parole adjointe du NPD en matière d’immigration, de citoyenneté et de multiculturalisme entre 2011 et 2013. Depuis le remaniement du cabinet fantôme de l’Opposition officielle en août 2013, elle est désormais whip adjointe du NPD et porte-parole adjointe en matière d’emploi et de développement social.

Elle était accompagnée d'une belle brochette d'artistes dont Gisèle N'Dong, femme colorée, éclectique et sans tabous, elle ne mâche pas ses mots et a le ton dénonciateur. Elle donnera d'ailleurs un nouveau spectacle intitulé "Humour Porc-Epic, le 18 déc. au Balattou. Nous avons également eu droit à une prestation éblouissante d'une jeune violoniste Rinna Bohui, une chanteuse griotte Tapa Diarra, Miv-Yv Yvette, et une troupe de danseurs la Compagnie Luc et Lanonet. L'ambiance était à la fête, et on sentait un climat de solidarité pour une femme qui a à coeur d'aider les gens dans le besoin.

Le tout était organisé par un conteur-animateur, Bebeto Lonsili, originaire du Burkina Faso. Il a déjà à son actif de nombreuses soirées afin de venir en aide aux groupes dans le besoin et anime les soirées "La Fête au Village" des soirées qui sont un voyage riche en couleurs et en variétés de cultures dans lequel on peut s'évader une fois par mois, en plein coeur de Montréal. C'est une soirée où se mêlent danses envoûtantes, musique et percussions entraînantes, chants libérés, contes pleins d'humour et de sagesse, dans une atmosphère Afro québécoises chaleureuse et familiale. C'est un lieu parfait pour découvrir différents artistes talentueux venant des pays d'Afrique, du Québec, et autres pays du monde. Cet événement multidisciplinaire comme son nom l'indique, cherche à recréer l'ambiance festive et chaleureuse des fêtes africaines.

Musique, danse, nourriture, rire et complicité accompagnent ces grandes soirées traditionnelles. C'est dans ce contexte que Bebeto Lonsili et ses invités transportent le public dans les 5 continents au travers de contes, d'humour, danse et musique traditionnelle. Chaque soirée de la fête au village a un thème spécifique, les thèmes abordés sont surtout l'éducation, la sensibilisation, la moral, le social, etc.

 05 DEC. - LE DINER DE CONS

Qui n'a pas vu le film Le Dîner de Cons du regretté Francis Veber popularisé en 1998? Le projet théâtre représentait tout un défi qui fut relevé principalement grâce à la performance de Marcel Leboeuf dans le rôle du con.

Avec le metteur en scène de Normand Chouinard, et les comédiens André Robitaille, qui se remet un peu trop vite d'un tour de rein qui devait se ressentir tout au long du film, Myriam Leblanc, hystérique à souhait dans le rôle de la maîtresse et Geneviève Rochette, toute en grâce et élégance, Jean-Pierre Chartrand en vérificateur fiscal et Antoine Durand, un ami à tous égards, on rit 'raisonnablement' dans cette pièce où il est difficile, du moins dans la première partie, de ne pas se rappeler les prestations légendaires des acteurs français Jacques Villeret, et Thierry Lhermitte.

Marcel Leboeuf, qu'on a plaisir à revoir, est impeccable dans le ton, la gestuelle de l'homme embarrassé, peu sûr de lui. Il se balade entre son monde de maquettes lui ayant coûté son mariage et les faux prétextes inventés par Brochant pour retrouver sa femme. Les rires fusent quand il se prend au jeu avec la docilitéd'un acteur auquel on soufflerait son texte.

Le texte en français québécois, ponctué de régionalismes donne un ton plus rude que le film aux accents et répliques savoureuses du français européen.

Même si on connaît tous la fin, on reste touché par l'honnêteté de l'homme naïf. Et Brochant croira l'espace d'un instant qu'il est "con" lui aussi car Pignon sauvele bateau en se faisant le témoin d'un homme trop orgueilleux pour exprimer sa vulnérabilité et s'avouer vaincu devant la femme qu'il aime.

La pièce sera en tournée à travers le Québec http://www.ledinerdecons.com/

 

23 NOV. - LES MORISSETTE - Une première réussie

Brillante performance du duo Véro et Louis. Ils se moquent joyeusement l'un de l'autre et surprennent jusqu'au dernier mot. Un spectacle bien rodé où chaque ligne a du punch sans dérapage ni temps mort. Ils sortent des sentiers battus et rivalisent d'audace autant en parlant de sexe, de leur réputation, qu'en faisant des clins d'oeil à l'actualité.

Une intro où on se dispute à qui octroyer ce vaste auditoire et Véro arrive avec la cyber-caméra et va même jusqu'à descendre dans l'assistance et prendre des selfies pour rigoler de son 'prétendu' besoin d'attention. En bonne animatrice de quiz, Véro a créé un jeu où il s'agit d'argumenter sur différentes problématiques familiales et celui qui perd est le premier qui s'excuse. Je suis là pour 'gagner' et ça paraît.

Véro y est allé d'imitations de différentes chanteuses, Brigitte Boisjoli, Valérie Carpentier et était "over the top" en Mike Ward a insisté pour que Louis offre des versions assez réussies de Jean-Pierre Ferland ainsi que Denis Lévesque. En bonne mère, après quelques minutes, elle a insisté pour vérifier si tout allait bien à la maison.

Une petite vidéo amusante de la visite de sa petite famille sous la gouverne de Jean-François Mercier et ses plantureuses perruches, Eric Lapointe en prof de musique et les Denis Drolet aux cuisines.

Les meilleurs moments se trouvaient quand ils ont ouvert la porte de la sexualité où ils s'en sont donné à coeur joie. Louis raconte qu'un couple, ça devrait être un contrat de un à cinq ans et qu'après tout, pourquoi on ne pourrait aller 'goûter' à d'autres plats occasionnellement. Et puis, vous les femmes, vous montrez vos seins descendus et nous, est-ce qu'on montre nos 'couilles' quand elles s'en vont par en bas. Et s'il est vrai qu'un homme peut avoir besoin de 'changement' à l'occasion, elle de son côté affirme que son vagin n'est pas intéressé à recevoir de 'l'énergie négative' et à qui veut continuer de le croire -- Ben non, je ne fais pas l'amour, je suis une sainte.

Mon coup de coeur est la scène juridique où en un instant La Commission Charbonneau devient la Commission Véro et que Louis doit fournir des explications sur des pièces à conviction bien embarrassantes, une facture avec un coeur signé Sandra, oups.

Consultez le site web officiel des Morissette, www.lesmorissette.com, pour connaître toutes les dates de la tournée de Véro et Louis, qui se poursuivra jusqu’en 2015.

 

30 OCTOBRE - UN CLASSIQUE TOUJOURS AUSSI SAVOUREUX

Dans le décor du superbe théâtre Outremont, c'était un plaisir de retrouver dans sa version intégrale la pièce Les Voisins écrite en 1980 par Claude Meunier et Louis Saïa dont la mise en scène est de Frédéric Blanchette, et la participation d'excellents comédiens. Ils y font la démonstration qu'il est facile pour certains de parler sans rien se dire.

Et d'arriver à rendre le tout aussi hilarant est l'oeuvre du talent de tous, autant un texte riche dans sa pauvreté où les voisins s'expriment avec un maximum d'inconfort et arrivent à s'insulter sans s'en rendre compte - "J'ai-tu l'air folle, le mari de répondre "Ca paraît pas."

Chacun d'eux vit le même malaise devant la fuite d'une réalité vide où ne demeurent que les échanges sur les tâches d'entretien ménager pour la femme, et de l'extérieur incluant l'auto pour l'homme. On y retrouve tantôt une femme pleurant sur son lit dont le mari ouvre les rideaux pour lui dire cinq minutes plus tard qu'il doit aller "frotter son auto et lui mettre le nouveau produit vitaminé pour toit de vinyle." Il raconte à son fils lors de leurs échanges sur walkie-talkie que sa mère est une femme après tout. Les voisines s'oscultent les fesses mutuellement et parlent de celle qui va passer "un test de sein" - Ah! moi, savoir que j'aurais un cancer du sein, j'en mourrerais. Chacun d'eux résiste à la tentation d'aller au bout de leur frustration, et le vide de leurs discours se résume en général à ce qu'ils entendent à la radio, la télé, ce qu'ils lisent dans les journaux.

Par ces discours creux, sans substance, ils expriment chacun à leur façon un malaise qui demeure présent devant la fuite du contact avec le réel. Tentant de se contenter de peu de choses, "Quand t'as une maison, faut ben que tu vives dedans" -- et l'autre bouleversé des dommages à une haie qu'il dit avoir "allaitté." Après des visites mutuelles, des soirées diapos d'une voyage en Europe où on voit tout sauf des souvenirs d'un passage réel, la soirée passée à jouer aux cartes, à la charade, et il fallait bien qu'une crise cardiaque vienne causer un émoi dont tous ont bien besoin pour se donner l'impression d'exister. "Elle a dit qu'elle nous donnerait des nouvelles de sa mort."

Les comédiens Claude Despins, Roger La Rue, Henri Chassé, Simon Lacroix, Isabelle Vincent, Sarah Laurendeau, Guillermina Kerwin et Kathleen Fortin ont livré une superbe performance et ils seront en tournée à travers le Québec jusqu'au 20 décembre.

 

11 OCTOBRE - INTEMPORALE

Le spectacle de Messmer est à la fois très divertissant et éducatif. Il s'introduit en nous expliquant la différence entre le conscient rationnel et le subconscient pour lequel le temps n'existe pas. L'hypnose est un domaine qui a toujours fasciné les gens et Messmer nous raconte son parcours. A l'âge de 7 ans, il nous montre le livre que lui a remis son grand-père Jean Filiatre, un recueil sur l'hypnotisme. En 1995, il a pris le pseudonyme de Messmer pour rendre hommage à Franz Anton Mesmer, fondateur de la théorie du magnétisme animal (ou mesmérisme).

Malgré la nervosité ressentie par plusieurs des spectateurs au Théâtre St-Denis pour le spectacle de Messmer: Intemporel, la salle était bondée et sachant que certains d'entre eux seront les "acteurs d'anecdotes toutes plus hilarantes les unes que les autres," les fans se précipitent alors même qu'ils constitueront en fait la matière première de ce spectacle. Certains se déclarent bien décidés à résister au fascinateur et leur choix leur permettra au moins d'assister au spectacle au lieu de le créer plus ou moins volontairement.

Messmer procède toujours de la même façon afin de créer le groupe qui sera sur scène. Il fait ses tests de réceptivité dans la salle; le 'spectacle' peut enfin commencer. Au final, c'est une quinzaine de personnes qui montent sur scène. Et une fois sur scène, c'est trop tard pour reculer car on les voit obéir au doigt et à l'oeil du maître hypnotiseur.

Malgré un plancher n'ayant rien de douillet, ils s'y couchent et se prélassent comme sur une plage, crient comme des bébés naissants lors de leur propre accouchement, parlent littéralement comme des enfants de cinq ans participant à l'émission L'école des fans. On se retrouve à l'émission Star Trek et on se fait téléporter. Plusieurs tremblent et Messmer sait définitivement communiquer avec leur subconscient. De nombreux spectateurs sont réceptifs à son 'magnétism' et s'endorment quelques secondes après en avoir reçu l'ordre. Il reste qu'ils se font manipuler du début à la fin. Je suggère que devant tant de collaboration, ils pourraient bien demander 'un remboursement' car après tout, ils font le spectacle.

Intemporel, il faut bien le dire, est aussi un exercice de pédagogie. Messmer prend le temps de nous expliquer les bases de l'hypnotisme, nous vante ses bienfaits et nous incite même à consulter un professionnel pour soigner phobies et autres affections. Ceux qui doutent du pouvoir du subconscient finiront par y croire.

Sa performance est si appréciée du public que plusieurs personnes deviennent des fans et reviennent régulièrement assister à ses spectacles. Une fois qu'il a sélectionné son monde, il les a transporté à la fois à l'ère préhistorique, et participer à titre de pilotes lors de rappels à leur mémoire de films comme Top Gun, et il prend bien soin de ne jamais dépassé certaines limites quand par exemple il suggère à deux hommes de tomber amoureux. Evidemment comme les participants y sont allés de leur propre gré, ces derniers doivent faire preuve d'un solide sens de l'humour une fois qu'en faisant le fameux 1 - 2 - 3, ils reviennent à la conscience normale et se rappellent de tout ce qui vient de se passer. Un des participants, Marcel, constituait à lui seul le clou de la soirée faisant preuve d'une réceptivité rare en rejoignant la scène à partir du fond de la salle en personnifiant Skippy le kangourou. La fin de la soirée se passe à revisiter les principaux courants musicaux et les participants encore 'sous hypnose' y vont de la danse à partir des années 70 à nos jours.

D'ailleurs un des plus beaux concertos de piano au monde, le concerto no. 3 de Rachmaninov est issu de l'imaginaire de Sergei Rachmaninov qui après avoir vécu des échecs retentissants croyait bien sa carrière terminée et c'est après quelques séances d'hypnose que sa créativité a rejailli plus puissante que jamais. Il semble que le besoin d'échapper à la réalité 'temporelle' soit si forte qu'on consent à quitter pendant quelques heures notre conscience normale et si certains s'en amusent, d'autres éprouvent des craintes bien légitimes.

Pour les prochaines dates de spectacles, vous pouvez aller sur son site web http://messmer.ca. Il y aura d'autres représentations dans la région du grand Montréal avant son départ pour l'Europe à la fin du mois.

 

04 OCTOBRE - COLOREE: OUI ELLE L'EST MADO LAMOTTE

Si vous désirez oublier la grisaille de l'automne, une soirée en compagnie de la drag queen la plus populaire au Québec, Mado Lamotte, est un choix que vous ne regretterez pas. Elle a commencé la soirée en saluant "ses 450" -- ainsi qu'un public gai en grande partie.

Combien de fois dit-elle durant la soirée "Je fête mes 25 ans de carrière et j'ai 29 ans . . . ben oui, j'ai commencé à 4 ans." Elle nous explique les subtiles différences qu'il y a entre une drag queen, qui n'est ni un travesti, ni un trans-genre. C'est un clown, un comédien, et elle rappelle qu'elle est Dieu au Gésu.

Accompagnée du pianiste Nicolas Burgess, et vêtue d'une robe rose à paillette, ceinturée d'un tutu, celle qui est née dans le quartier Rosemont d'une famille bien ordinaire, elle nous raconte en chanson d'une voix puissante et triomphante être passé de la pauvreté à la richesse. Son ton débridé et débonnaire a de quoi chasser la mélancolie des plus récalcitrants. La façon dont elle raconte ses débuts de vie en tant que gai heureux qui s'assume et son discours loufoque parsemé d'anecdotes croustillantes continue de nous la rendre sympathique, celle qui éprouve un immense plaisir à jouer la facture quétaine en nous rappelant que le bingo de Mado aurait été plus drôle si les boules avaient eu du poil.

Elle raconte qu'une de ses premières jobs était danseur nu et elle y va d'une description désopilante de son strip-tease pour aveugle. Elle affirme haut et fort "Moi, être en couple pour être en couple, non merci." Elle adore les voyages sauf les étapes précédant l'arrivée à destination qui ont le don de l'irriter et ça inclut le prix des drinks dont le prix est inversement proportionnel à la taille du verre ce qui oblige finalement à lécher ledit breuvage plus qu'à le boire.

Après l'entracte, on sursaute sur sa chaise en entendant ce qu'elle nous présente comme son nouveau téléphone intelligent. Elle a déjà plus de 200 photos de trottoirs ces dernières étant le fruit de ses efforts pour répondre lorsqu'il sonne. Elle dit bien que sa coiffure n'est pas de la barbe à papa et qu'elle préfère qu'on la découvre avec les yeux qu'avec les mains. Après l'entracte, elle revient vêtue d'une robe style matante et se présente aussi comme une "chiâleuse" émérite et en vante les mérites sur la santé. Ca fait du bien de se défouler des attentes inévitables d'une impatiente chronique. Elle a déclaré vouloir être laide mais pas tout de suite.

Ses parodies des chansons de Dalida avec la gestuelle de Lady Gaga et Madonna sont tout simplement des chefs-d'oeuvre de créativité. Mado Lamotte est un être tout simplement rayonnant d'énergie et ses numéros se savourent comme une ode à la réconciliation des sexes. Elle adore rire de ceux à qui il avoue ressembler, les Français. Egalement, elle a donné une superbe interprétation de Mini-Fée Faire rire autant seule en scène est une sacrée prouesse et même si elle a eu quelques blancs, ça faisait partie du risque, on lui pardonne.

 

02 OCTOBRE - UN FUNAMBULE AU PAYS DES MOTS

Inspiré par la beauté et l'harmonie du théâtre Outremont, Grand Corps Malade de son vrai nom Fabien Marsaud a commencé la soirée avec la pièce "Au théâtre" -- un spectacle en deux actes et un rappel. Son entrée sur scène calme et pondérée n'enlève rien à la puissance de ses mots. Même si le slam est originalement un récit poétique à capella, il s'est entouré de merveilleux musiciens et un coup de coeur particulier revient à Leslie Bourdin qui joue de plusieurs instruments en plus de l'accompagner en chanson lors de l'interprétation de la merveilleuse "Te manquer" de son dernier CD, Funambule, paru en novembre dernier. Ce dernier a été vendu à date à plus de 1.3 millions d'exemplaires et on peut dire de lui qu'il fait entrer le slam par la grande porte en France tout en se permettant de partir à la conquête du public américain.

Avec quelques boutades et taquinant une salle bondée auquel il donne le second rôle, GCM passa la soirée debout sauf pour la pièce "Pause." On ne peut résister à chanter avec lui des pièces aux rimes amusantes, dont "Les lignes de la main," et "Le manège" où on ressent toute sa tendresse pour son fils. Il se balade adroitement entre la légèreté et le drame de certaines pièces comme "Roméo kiffe Juliette" et le fameux "Bout du tunnel" qu'il dédie à un ami Laurent Jacqua, un activiste ayant fait maints séjours en prison.

Pour sa première partie, le trifluvien David Goudreault, un poète et slammeur québécois a interprété quelques pièces de son CD C'est la faute au silence. Il en a profité pour rendre un vibrant hommage à Sol, un poète de chez nous slammeur avant son temps. Il nous réserve d'heureux moments où il récite à capella des paroles venant de son fils de quatre ans et c'est l'occasion de se rappeler que les paroles d'histoires parfois fictives savent tantôt nous émerveiller, nous rappeler la beauté de la magie de l'enfance et nous faire réfléchir sur l'héritage que nous laisserons à ces derniers.

S'il dénonce certaines réalités crûes, il ne donne jamais de leçons de morale et le rythme enjoué et énergique de "Tant que les gens font l'amour" réveille une salle qui à date s'était laissé bercer. Au moment du rappel, on a pu encore une fois constater le sens de l'humour de GCM car il est arrivé sur scène vêtu du gilet du Canadiens. Evidemment le public a entonné la chanson de leur club de hockey préféré. Il a chanté la pièce "Juste de la poésie" avec David Goudreault et accompagné de son directeur musical Ibrahim Maalouf, il termine sur la pièce "Inch'Allah," joyeuse entre toutes devant un public dansant en nous invitant à le retrouver l'année prochaine.

 

25 SEPT - ONE MANU SHOW

Sa réputation en tant qu'acteur n'est plus à faire, et à 50 ans, il se décrit lui-même comme le plus vieil humoriste débutant. Il a brillamment performé au Monument National qui affichait complet. La mise en scène est de Edith Cochrane, sa conjointe et le texte impeccable quoique débité à une vitesse qui faisait qu'on perdait quelques mots et fins de phrases.

Le décor constitué d'autant de chaises suspendues que du nombre impressionnant de frères et soeurs que constituait sa famille. A chaque anecdote les rappelant tour à tour, une chaise s'allume et il y va des surnoms de ceux que son père devait compter à chaque activité, sous peine d'en oublier un ou une. Il est le dernier né d'une famille de 12 enfants, le seul à avoir été un accident et quand il était enfant, ses frères lui Donnaient un nom arable, inuit, lui disaient qu'il avait été adopté. Il harmonise adroitement les anecdotes personnelles ainsi que les réflexions sociales. Il demande à l'auditoire s'ils l'ont apprécié dans l'émission LOL pour ensuite leur dire qu'il n'a jamais participé.

Dans sa jeunesse, ils mangeaient vite, se mettaient de la nourriture dans la bouche comme un écureuil car son père, un homme au fond rigoureux les forçait souvent au silence, "Hé, taisez-vous, j'écoute les nouvelles, les nouvelles du pape DeRome. On apprend que son nez cassé, est le résultat d'une balle de baseball alors qu'il était receveur dans l'équipe du quartier. Il parle beaucoup de son père qui pouvait faire des heures de route pour une fois à destination, quitter presque aussitôt ne trouvant pas de stationnement. La famille est le toile de fond de son récit, celle d'où il vient en première partie et celle qu'il a créé après l'entracte. Il parle de ses 3 enfants, terrible 2, fucking 4, sweet sixteen. D'ailleurs, il mentionne que son adolescente ne communique avec lui que par textos, et il y va d'une description personnalisée de chacune des appellantes.

Il raconte avoir développé un problème de ronflement qui fait qu'il s'est retrouvé en clinique du sommeil à devoir subséquemment acheter un kit pour prévenir l'apnée du sommeil. Avec la musique annonçant l'arrivée de Darth Vader, il arrive sur scène équipé dudit appareil. Une des meilleures anecdotes est la visite au chalet alors qu'il raconte s'être réveillé au milieu de la nuit et voyant un gars qui s'est stationné dans la cour a crée tout un émoi car il était convaincu d'avoir affaire à un psychopathe redoutable et que la panique s'emparant de lui a fait que ce dernier qui ne voulait qu'une pelle a été quitte pour croire que c'était LUI le psychopathe. Il avoue avoir une dépendance - le magasinage chez Costco où il et y va avec les enfants quand sa blonde est partie.

Il a dansé sur scène, s'est servi d'une chaise comme lutrin pour donner une tribune à ses personnages dans la deuxième partie, dont un représentant de l'association des AVC, les vieux crisses, qui livre un monologue touchant sur les personnes âgées vivant dans des foyers et on retrouve avec plaisir Tonino Tomato un personnage qu'on avait déjà vu lors d'un Gala Juste pour rire.

Celui-ci s'inscrit davantage dans la lignée des conteurs que des punchs à chaque phrase. Ce début plus que réussi célèbre son entrée dans le monde de l'humour.

Emmanuel Bilodeau et son One Manu Show seront en tournée dans 35 villes du Québec d’ici la fin de 2015. Consultez le www.emmanuelbilodeau.com pour toutes les dates. Des supplémentaires ont été ajoutées, au Théâtre Saint-Denis, les 6 et 7 février.

 

FESTIBLUES
2014

PROGRAMMATION

Le Festiblues d'Ahunstic bât son plein et durant quatre jours, défileront 40 artistes dans une ambiance Blues-Pop et hier soir on a pu entendre des slammeurs percutants, David Goudreault qui a interprété plusieurs pièces de son CD -- C'est la faute au silence. Il n'a pas peur des mots et comme la forme musicale l'exige, la poésie sonore accompagnée d'une musique de même intensité se fait entendre pour nous ouvrir les yeux et les oreilles et nous inviter à sortir de l'indifférence et faire des choix en toute conscience. Il est travailleur social de formation et c'est le premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie, à Paris, en 2011, et est aussi récipiendaire de la médaille de l'Assemblée Nationale du Québec à l'automne 2011 pour ses réalisations artistiques et son implication sociale. Il porte un regard lucide sur la classe moyenne, parle de l'économie, de l'amour et dénonce l'intimidation, et les rimes se savourent tout en ouvrant l'esprit.

Une pièce des plus colorées comportant les noms de 67 voitures, rien de moins et ouf . . . c'était quelque chose. David manie les mots un peu comme un jongleur agile et heureux de nous faire rire et sourire.

Il était accompagné de ses musiciens Jipé Dalpé, voix, choeurs, guitare électrique et acoustique, Gaële, choriste, piano et siffleux, Denis Ferland à la guitare électrique, Yves Labonté à la basse et Marc Chartrain à la batterie.

Il fera la première partie de Grand Corps Malade à son retour au Québec cet automne et il dans son CD il interprète la dernière pièce "Juste de la poésie" avec ce dernier.
Des paroles touchent le coeur et l'âme "Tout ce qui s'exprime pas s'imprime" et y'a des rimes qui sauvent la vie. Sa prestation fut brève -- un 30 minutes intense et plein de vie et il nous a avoué qu'étant nouveau papa depuis que quelques jours, c'était assez exigeant pour lui vu les courtes nuits de sommeil mais "Vous êtes une belle gang et je suis content d'être là."

Après lui, on a découvert un autre slammeur Mathieu Lippé -- Récipiendaire 2012 du prix André 'Dédé' Fortin et du Gand Prix LOJIQ (Les offices jeunesse internationaux du Québec) à l'Assemblée Nationale -- poesie et ce fut également un pur bonheur de découvrir le talent et la fluidité verbale d'un gars où les mots enfin prennent la place d'honneur dans la performance et veulent nous charmer tout autant que nous réveiller.

En allant sur le site vous aurez accès à toute la programmation jusqu'au 10 août, 7$ pour une soirée et 18$ pour le passeport des 4 jours, une aubaine pour tant de générosités d'artistes de chez nous!

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19 JUILLET - CYRANO DE BERGERAC - EBLOUISSANT

Inspiré d'un personnage réel, Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, le chef-d'oeuvre d'Edmond Rostand écrit en 1897 a été interprété par des comédiens chevronnés dont Patrice Robitaille dans le rôle principal de Cyrano. Cette histoire d'amour complexe entre toutes, où un homme convaincu de ne pouvoir être aimé à cause de ce qu'il nomme cette 'protubérance,' participera par son lyrisme à la cour et conquête de Roxane et sera le Lazare de l'amour rendu à Christian de Neuvillette. Magalie-Lépine Blondeau, qui incarne sa cousine Roxane, ne découvrira qu'au dernier moment
le subterfuge et la profondeur de l'âme de Cyrano.

Il est d'ailleurs assez remarquable de noter le changement du timbre de la voix de Patrice Robitaille qui du fait qu'il récite des vers tout au long de la pièce voit celle-ci monter suprenamment d'au moins un octave. Il fait la preuve que l'expression lorsqu'elle est portée par le coeur peut donner accès autant dans la voix parlée que dans le chant à un registre plus riche et impressionnant de nuances et tonalités.

La mise en scène de Serge Denoncourt assurait déjà un succès, et si le début de la pièce de trois heures est coloré dans tous les sens, costumes, discours, humour
savoureux, on voit se glisser l'envers de la médaille et la peine supportée par Cyrano craignant qu'en avouant son amour il puisse être être humilié, rejeté.

Dans la deuxième partie, on a plaisir à voir arriver dans sa calèche Roxane et les boulangers apporter des victuailles aux soldats affamés et celle-ci prête à affronter tous les dangers éblouie qu'elle est par les lettres signées par Christian mais écrites par celui qui l'aime au-delà de tout . Le décor et les costumes s'harmonisent aux événements malheureux, la guerre, la peine de Roxane qui pleure son époux mort à la guerre.

Bien sûr on rit pendant la plus grand partie et il est difficile de retenir une larme lors du dévoilement de cet amour impossible, silencieux, généreux entre tous au point de donner son âme à un autre et sans espoir d'un partage si petit soit-il. Le rythme de la pièce est dynamique, sans longueurs et le temps s'arrête devant ces décors spectaculaires tout autant que le jeu des comédiens.

Sur un fond de drame et comédie, le romantisme se ressent tout au long de la pièce, et les vers récités par Cyrano ont la même puissance que celui-ci lorsqu'il manie l'épée tout en gardant l'armure du guerrier ainsi que celle de la pudeur de son âme envers sa bien-aimée.

Cyrano de Bergerac, en supplémentaire au TNM jusqu'au 23 août.

 

NUITS D'AFRIQUE
2014

PROGRAMMATION

09 JUILLET - YAO - yeah

Né sur les terres de la Côte d’Ivoire, d’origine togolaise et Ontarien d’adoption depuis l’âge de 12 ans, Yaovi Hoyi, communément appelé Yao touche à la scène musicale pour la première fois en 1996 mais débute vraiment en 2005 avec le groupe RenEssence. Il sort son premier album Génésis en 2011.

Il a lancé son nouveau disque Perles et paraboles le 29 octobre dernier.

Lors de son spectacle dans le cadre des Nuits d'Afrique 2014, il était accompagné de deux musiciens ainsi que d'une choriste. Il a interprété la chanson "Pensées Soleil" pour laquelle il a le prix Etoile Galaxie en 2013 ainsi que celles se trouvant sur son dernier CD.

Il se dégage de sa musique une joie de vivre et un optimisme contagieux. C'est un slameur aux accents de blues -- il s'inspire de plusieurs styles musicaux, autant de Gainsbourg pour la balade que de la musique latine, américaine et anglaise. Etant jeune, il a fait du théâtre lorsqu'il vivait en Côte d'Ivoire et s'est mis à l'écriture poétique. Avec quelques amis, il s'est mis à faire du rap et bien qu'il s'inspire de plusieurs style musicaux, funk, house, reggae et jazz, les paroles sont ce qui domine.

Il a intitulé son album Perles et paraboles car pour lui chacune de ses chansons représente une petite perle autour desquelles il brode quelques paraboles qui
se veulent autant de façons de chanter son amour de la vie. Assister à son spectacle en introduction aux Nuits d'Afrique était tout à fait dans le ton de l'esprit festif que sont les spectacles de ces merveilleux artistes provenant des quatre coins du monde.

08 JUILLET - BANDA KAKANA

Banda Kakana est un band provenant du Mozambique composé de cinq musiciens, deux claviers, deux guitares et une batterie. La chanteuse qui les accompagne puise son inspiration dans plusieurs styles, afro-rock, jazz, soul, R& B . Lors de son spectacle, elle invite les gens à chanter et danser avec elle et si on ressent que sa musique n'est pas typiquement africaine, elle pousse l'audace jusqu'à offrir des serenata où elle occupe le temps d'une mélodie la position de l'homme vers la femme et chante des poèmes avec tout le romantisme et l'assurance qu'elle y gagne sans perdre douceur et féminité.


Sa musique berçante s'écoute sans qu'on se lasse et elle nous embarque bien malgré nous dans ses rythmes irrésistibles.

Durant la soirée, elle chante a capella avec son groupe pour rendre hommage à Nelson Mandela. C'est un coup de coeur pour la 28e Edition des Nuits d'Afrique et la salle était bondée au Balattou pour l'accueillir. Son énergie est intarissable et elle la communique bien à tous ceux venus l'entendre.

Photos © Hanna Donato

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09 JUILLET - MA PREMIERE FOIS

Herriot Mercredi soir avait lieu la première médiatique de la pièce "Ma première fois" inspirée des témoignages racontés par 40 000 hommes et femmes qui ont osé partagé leur première relation sexuelle sur le blog de Ken Davenport qui en a fait un spectacle. Celui-ci a fait le tour du monde, a été adapté dans plusieurs langues. La mise en scène est de Jasmin Roy qui a su l'adapter au Québec en faisant allusion à notre culture québécoise, Salut Bonjour, la visite du pape en 84, Occupation double.

C'est un divertissement pour les adultes avertis de 16 ans et plus. On y retrouve les 4 comédiens sur scène:Jonathan Roberge (Contrat de gars, Fiston), Roxane Bourdages (La Galère, Mort de rire, Il était une fois dans le trouble, Kif kif), Marie-Soleil Dion (Vrak la vie) et Martin Vachon (Mémoires vives) qui jouent de nombreux personnages dont chacun, racontent leur première fois. Tout au long de la pièce de 90 minutes, on assiste au récit d'anecdotes courtes, éclatantes, on rit à gorge déployée et on découvre que la réalité des premières fois est loin d'être un conte de fées pour une grande majorité de gens. Certaines scènes sont particulièrement loufoques, celle du gars qui se disait vraiment outré d'être embrassé par un gars et hop..c'était parti..la fille dont la première fois se passe avec sa meilleure amie qui ne réalise pas trop ce qui se passe.

Toutes les émotions y passent, la peur, la curiosité, la honte d'avouer qu'on est encore vierge - On joue les 'tough,' les habitués et une scène est particulièrement touchante où un DJ interprété par Martin Vachon profite du désarroi d'une fille pour la violer.

Certains ont osé faire le saut de la même façon qu'un saut du bungy, avec un brin de colère, d'impatience, Marie-Soleil Dion est tordante dans une scène où la protagoniste est bien décidée à perdre sa virginité "On va en finir" - C'ta soir que ça se passe. Elle s'empare du meilleur ami de son frère et le chevauche avec la détermination de celle qui veut 'savoir' et vit tout sauf de l'abandon au plaisir.

"Ma première fois" constitue une magnifique intro à la 32e édition du Festival Juste pour rire et sera présentée jusqu'au 22 juillet au Monument-National.

Pour plus d'information: hahaha.com

 

03 JUILLET - INTERSECTION A LA TOHU

La troupe d'acrobates les 7 doigts de la main a ébloui à souhaits les nombreux spectateurs qui ont su retrouver leur coeur d'enfant devant un spectacle d'une rare originalité. Tout d'abord, la scène formait un cercle de 360 degrés et au début nous partagions l'espace occupé par les artistes et les côtoyant de si près qu'on se sentait faire partie de l'espace de création et d'invention de ce monde imaginaire.



Tout d'abord, il s'agissait en quelque sorte d'une pièce de théâtre où chacun d'eux nous racontait le triste parcours de son personnage. Ils étaient si sérieux dans leur récit que bien malgré nous, on y croyait. Le premier personnage était celui d'une mariée euphorique, apparemment très confortable dans le cerceau qui lui servait de fauteuil. Elle venait d'accepter une demande en mariage, et aussitôt dit, aussitôt fait. Une touche humoristique apportée par les récits audio-visuels des personnages inventés marquait une pause des pirouettes et autres numéros où on était aspirés par la rapidité et certitude de leurs mouvements coordonnés à la perfection. On a écouté ce pauvre "Song" racontant qu'il volait les gens, Jaclyna et son rêve de devenir Miss Meteo, un autre collectionneur compulsif et puis un Don Juan à la recherche de la Québécoise qui lui permettra d'obtenir ses papiers d'immigration.

La mise en scène et direction artistique est l'oeuvre de Samuel Tétreault et Gypsy Snider, et ils présentent l'histoire de personnages fictifs aux prises avec des défis si extrêmes qu'ils n'ont qu'une alternative, sauter à pieds joints dans le vide de cette vie qui ne peut qu'être meilleure que celle qu'ils laissent derrière eux.

On retient son souffle devant les prouesses de Stanley et Sonia au mât chinois où leurs forces réunies arrivent à créer une surprenante illusion de légèreté et apesenteur. Le numéro de groupe consistait en traversées tous plus impressionnantes les unes que les autres au travers d'une véritable voiture. L'air de rien, avec désinvolture, ils arrivent toujours à se dépasser, tout en créant un lien chaleureux avec l'auditoire et nous invitant même à aller les rencontrer après le spectacle.

Intersection est présenté jusqu'au 13 juillet, à 19 h 30, à la TOHU. Relâche les 7 et 8 juillet.

 

LES FRANCOFOLIES
2014

PROGRAMMATION


C'est à nouveau le festival des Francofolies 2014, l'événement par excellence dont la mission est de promouvoir la chanson d'expression française, de favoriser sa diffusion et de stimuler la circulation des artistes de toute la francophonie. On y découvre chaque année de nouveaux artistes, on retrouve des artistes connus, des artistes de l'heure tout comme des figures montantes. Il offre des spectacles gratuits et payants.

Et je me suis rendue à L'Astral ce vendredi pour voir et entendre les étudiants de l'Ecole nationale de la chanson. Ce furent deux heures de pur bonheur et je vous invite à découvrir ces jeunes auteurs compositeurs-interprètes qui en sont au début de leur carrière musicale et ça promet.

 

CORNEILLE -- UNE CORNUCOPIA

Corneille, de son vrai nom Cornelius Nyungura, revient nous visiter à l'occasion des Francofolies. Les fans étaient nombreux pour le revoir et entendre les chansons de son dernier CD, Du Nord au Sud, sorti en novembre dernier. Accompagné de cinq musiciens et deux choristes, sa musique faite de plusieurs rythmes de hip-hop, soul, R&B, pop, rap et reggae invite à la fête, et son entrée en scène fracassante est acclamée par un auditoire majoritairement féminin qui dansait et le saluait de cris de joie. On a entendu à plusieurs reprises des "Je t'aime, Corneille" et il va sans dire, celui-ci a une grande place dans le coeur des Québécois.

Dans cet album, il évoque l'Afrique à laquelle il doit une partie de son identité et il parle de son désir de revoir le Rwanda, ce pays malgré tout cher à son coeur et il parle désormais de pardon. Dans ses pièces encore toutes 'neuves,' il parle d'amour, d'espoir, de guerre et il a su déclencher l'enthousiasme général avec la pièce "Beaux," extraite de son CD. Il nous demande "Est-ce qu'il y a ici qui vivent des amours nébuleuses, floues, ambigues?" Pour ceux-là, je vous chante "Tu mérites mieux" et on le chante avec lui cette invitation à vivre quelque chose de beau, de vrai comme il l'est lui-même.

Un moment fort de la soirée fut celui où il est rejoint par son amie Nadja qui a chanté avec lui la pièce "Au bord du lac" ainsi que le duo accompagné de ses deux choristes et du piano.

En fin de spectacle il a interprété "Tout ce que tu pourras" et "Parce qu'on vient de loin" et la fluidité avec laquelle il passe un message rempli d'espoir et de vie. Il nous donne envie de transformer les absurdités de la vie et d'être aussi résilient qu'il arrive à l'être, celui qui n'a plus à craindre d'être jamais "Seul au monde."

Photo © John Nais

Chanceux, oui, on l'était vendredi soir à l'Astral

De découvrir la cohorte 2013-2014 de l'Ecole nationale de la chanson de Granby. Avec Luc de La Rochellière comme présentateur et artiste invité, j'ai découvert Jonathan Harnois, Rebecca Leclerc, Marie-Claudel Chénard, Kyra Shaughnessy, Charlène Blanchette et Thomas Argouin, Pierre Guitard, Dominique Breault, Véronique Bilodeau, Catherine Brunet, Alexandre Gendron et Sandy Grenier.

Ils ont chanté avec Luc de la Rochellière, la superbe "Sauvez mon âme" et ce fut à Marie-Claude Chénard de nous livrer sa cure contre la peur, cette bête noire qui nous gruge par en-dedans, et oui, il faut la prendre par surprise, ce qui fut fait pour notre plus grand plaisir.

Semblables à des Michel-Ange qui à chaque coup de marteau libère un peu plus le trésor scupltural, ils nous ont interprété leurs compositions qui ont de quoi rendre fières les artisans de la chanson d'ici. La chimie entre eux rendait le tout énergique et puissant et ceux qui nourrissent des doutes quant à l'avenir de la langue française mise en chansons pourraient retrouver la foi à l'écoute de leurs interprétations vibrantes et combien originales.

L'Ecole nationale de la chanson fêtait ses 15 ans cette année et c'est par ailleurs la seule école francophone de chansons au monde et comme elle se trouve à Granby et hors du Quartier des spectacles, elle bénéficie de moins de support que l'Ecole nationale de Théâtre par exemple. On y enseigne des matières précises à des élèves triés sur le volet, 14 par année. Des artistes jouissant d'une grande popularité y ont fait leurs classes dont Lisa LeBlanc, Damien Robitaille, Salomée Leclerc.

Ils ont les pieds sur terre ces jeunes qui se donnent corps et âme pour nous partager leur passion et talent et si leurs voix réunies sont irrésistibles, chacun d'eux fera son chemin bien à lui et on a le goût de les suivre dans les chemins que leur engagement inconditionnel tracera pour eux et pour un public ravi qui les ont ovationné debout lors de cette superbe soirée.

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19 JUIN - PIERRE RICHARD - TOUT EN TENDRESSE ET EN POESIE

Les films qui nous l'ont fait connaître continuent de provoquer les éclats de rires et avant son entrée en scène, on a pu voir des scènes historiques des films La Chèvre, Le Grand blond avec la chaussure noire, Le Distrait et autres. Au début de sa carrière, on lui a dit qu'il était d'abord et avant tout un personnage plus qu'un acteur, ce qu'il reconnaît lui-même. Il nous a fait faire le tour de sa vie seul en scène et il nous révèle ceux qu'il a considérés comme acteurs exceptionnels, son "pote", Gérard Depardieu évidemment et une femme dans le film Alexandre de Bienheureux qui avait pleuré d'imaginer les enfants qui s'en vont à la guerre. Elle était une 'vraie' actrice sans le savoir.

Il nous partage certaines anecdotes de tournages avec un vieux copain, Gérard Depardieu qui arrivait généralement un peu rond et pour se déculpabiliser, il promettait de devenir sobre et en guise de consolation il buvait (sic), qui fait que l'on craignait moins les lendemains de "cuites" que les lendemains de promesses de sobriété. On assiste avec nostalgie à une scène où l'on voit la chute de reins de Mireille D'Arc et lui béat d'admiration autant dans son rôle que dans la réalité de ce moment.

Comme ses films continuent d'être diffusés, il raconte que chaque fois que des gens voient "La Chèvre", on lui demande...Mais qu'est-ce qui s'est passé? Ah! je sais pas . . . ça s'est passé durant la nuit? Ben, 40 ans se sont passées, abruti.

Même s'il est encore un bon vivant, il dit qu'on se porterait mieux si le temps devenait 'bègue,' que les secondes se mettaient à hésiter et si on pouvait lui faire un croc-en-jambe au 'satané temps' qui passe trop vite. Il se dégage de lui une urgence de vivre cette vie qui nous demande de la saisir au vol, avec ses risques et ses promesses.

Pierre Richard, cette légende vivante va célébrer ses 80 ans au mois d'août prochain et il a eu droit à une ovation debout d'un auditoire de tous âges tellement son humour se veut universel et indémodable.

 

21 MARS - CARLA BRUNI - TOUT EN DOUCEUR

On ne savait plus si on la verrait tellement il y a eu de changements et d'annulations de dates et finalement le concert prévu le 22 avril fut devancé d'une journée, soit le 21 avril et s'est déroulé à la salle du Théâtre Maisonneuve dans une ambiance plus intimiste que la salle Wilfrid Pelletier originalement prévu.

Sa voix si singulière a rempli la salle avant qu'elle ne traverse l'écran ne laissant voir que son ombre. Elle a interprété quelques chansons nouvelles de son album Little French Songs pour revenir avec ses plus grands succès qui ont fait sa renommée en 2002. Accompagnée de ses deux musiciens, elle se disait heureuse et émue de venir chanter pour nous, public Montréalais.

Elle nous a enveloppé de sa voix si délicieusement engageante que même lorsqu'elle parle, on se sent bercé par son timbre et le thème de l'amour qui revient sous toutes ses formes, à la fois joyeuse et nostalgique. Elle a tenu à rendre hommage à celle qu'elle qualifie de grande dame de la chanson française, Barbara dont elle a chanté "Si la photo est bonne" et ce fut une agréable surprise d'entendre en italien "Douce France" de Charles Trenet qu'elle raconte avoir découvert lorsqu'elle était petite.

En parlant de sa bretelle qui menaçait de tomber en plein concert, elle nous a fait rire et le ton de la soirée était teinté d'une fragilité plus que charmante. Du même ton, elle nous a averti en démarrant son métronome qui l'accompagnait pour interpréter la chanson mignonne Le pingouin.

Elle a chanté la chanson dédié à son époux , Nicolas Sarkozi "Mon Raymond" en admettant être parfois trop émue vu la présence de ce dernier dans la salle.

Le concert de 90 minutes s'est terminé sur la chanson "Prière," offerte en rappel d'un public qui s'est levé pour l'applaudir chaleureusement.

 

20 FEV. - Adib: droit au coeur

Tout au long de son spectacle Adib nous le dit de différentes façons -- pourquoi ne pas s'aimer? Se dégage de ses propos une brise de tendresse, de compassion et pour une fois il s'agit de faire la promotion des belles émotions plutôt que de trouver un tête de turc sur qui jeter son dévolu. Dés le début, on rit aux éclats et ce spectacle aura en plus le mérite de balayer la morosité, d'inspirer et de mettre de bonne humeur.

Il se présente Arabe, né au Maroc ainsi que sa mère qui le met en garde d'acheter une auto d'un Arabe. "Fais attention aux Arabes, ce sont de bons vendeurs et après tu seras pu capable de la vendre . . . .ben là vous le savez pourquoi je suis pas capable de vendre la mienne. Il raconte qu'avez sa tête affro, il arrive que des étrangers lui passent la main dans les cheveux . . . .Hé c'est doux tes cheveux. Ouais, ben là . . . c'est parce que c'est MA tête, gardez-vous une p'tite gêne.

Il parle des défendeurs du français et nous dit qu'au lieu de les voir comme des nazis de la langue française pourquoi ne pas leur octroyer le titre de Casques bleus de l'orthographe. Sa parodie d'une conversation de filles 'bitch' au sujet de Lady Gaga est trop drôle. Par ailleurs, il nous invite aussi à la tolérance en conduisant. . . Pourquoi faire un doigt d'honneur à quelqu'un qui te coupe? Ça ne fait qu'envenimer un climat déjà suffisamment tendu sur les routes.

Et quand deux gars veulent se battre, si on les compare à ceux qui veulent faire l'amour ce serait aux premiers de se trouver une chambre. On vas-tu chez toi ou chez moi? Il dénonce aussi le fait que dès qu'on dit à quelqu'un "Je t'aime" même s'il s'agit d'un enfant . . .ce dernier se fait traiter de tapette . . . comme si amour égale sexe ou homosexualité. Depuis le temps que les hommes cherchent juste à se battre -- Maintenant qu'il y en a qui veulent s'aimer, laissez-les donc faire.

Et il parle du temps qui a précédé la technologie où on pouvait céder moins vite à nos impulsions dévastatrices. Si tu dois aller au bureau de poste, écrire sur du papier, acheter un timbre ou deux; .tu vas y penser deux fois avant d'écrire des insultes car c'est facile de le faire aujourd'hui tout en se cachant sous un pseudonyme.

La mise en scène est de Martin Matte et il poursuivra sa tournée à travers le Québec sur http://www.adibalkhalidey.com/

 

 

 

 

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